Au mois de novembre 2025, l'équipe GEMENU a conduit une mission spécialisée dans plusieurs établissements hospitaliers de Kinshasa. Loin des seuls amphithéâtres de congrès, cette visite de terrain avait pour but d'observer les réalités quotidiennes de la prise en charge des personnes âgées, d'échanger avec les équipes soignantes et d'identifier les leviers d'amélioration les plus utiles. Car la qualité des soins se joue aussi dans les couloirs, les consultations et les protocoles du matin.

Écouter les soignants, comprendre les parcours

La mission a commencé par des entretiens avec les responsables médicaux et paramédicaux. Les équipes ont décrit des patients souvent polymorbides, arrivant tardivement, parfois déjà dépendants, et des familles épuisées par l'accompagnement. Dans ce contexte, la gériatrie n'est pas un luxe académique : c'est une réponse à la complexité clinique. Les discussions ont porté sur le dépistage de la fragilité, la prévention des complications hospitalières, la gestion de la polymédication et la coordination avec les services d'imagerie.

Les professionnels ont également partagé leurs besoins en formation continue. Beaucoup souhaitent des outils simples, des check-lists et des sessions de cas cliniques. GEMENU a pris note de ces demandes pour les intégrer dans ses prochaines actions pédagogiques.

Observer les pratiques et les ressources

Les visites des unités ont permis d'évaluer l'organisation des soins : accueil, orientation, examens, suivi. Dans certains services, des initiatives remarquables existent déjà — consultations dédiées, collaboration interdisciplinaire, attention portée à la mobilité des patients. Ailleurs, les contraintes de personnel, d'espace ou d'équipement limitent encore la capacité à offrir un parcours gériatrique complet.

Concernant la médecine nucléaire et l'imagerie spécialisée, la mission a mis en lumière des écarts d'accès. Lorsque les examens sont disponibles, ils transforment la décision thérapeutique ; lorsqu'ils manquent, les équipes doivent composer avec des approximations. Ces constats nourrissent le plaidoyer institutionnel de GEMENU : investir dans les compétences et les plateaux techniques, c'est investir dans des diagnostics plus justes.

Une mission de terrain réussie ne consiste pas à juger, mais à comprendre — puis à proposer des améliorations réalistes, adaptées au contexte local.

Recommandations partagées avec les équipes

À l'issue des visites, l'équipe GEMENU a formulé des recommandations pratiques : renforcer l'évaluation gériatrique standardisée à l'admission, améliorer la prévention des escarres et des chutes en hospitalisation, clarifier les circuits de recours pour les examens spécialisés, et organiser des staffs cliniques réguliers. Ces propositions s'appuient sur des standards internationaux, mais elles ont été discutées avec les équipes afin de rester applicables.

  • Évaluation de la fragilité et du risque de chute dès l'entrée.
  • Revue médicamenteuse pour limiter les interactions et les surdosages.
  • Implication des familles dans le projet de sortie et le maintien à domicile.
  • Formation courte et répétée plutôt que modules trop longs et isolés.

Ces pistes ne remplacent pas un plan hospitalier global, mais elles offrent des gains rapides en sécurité et en qualité de prise en charge.

Une méthode GEMENU : proximité et suivi

Cette mission illustre la méthode de travail de GEMENU : allier excellence scientifique et proximité du terrain. Les congrès ouvrent des perspectives ; les visites hospitalières les ancrent dans le réel. L'institution s'engage à revenir, à accompagner et à mesurer les progrès, dans un esprit de partenariat plutôt que de simple expertise ponctuelle.

Les enseignements recueillis alimenteront également le contenu pédagogique destiné aux professionnels et aux lecteurs du site : articles, ateliers et futures missions. L'objectif est clair — faire circuler le savoir là où il change concrètement la vie des patients.

Le regard croisé gériatrie et imagerie

Durant la mission, plusieurs discussions cliniques ont illustré l'intérêt d'un dialogue plus étroit entre services de médecine et plateaux d'imagerie. Un patient âgé présentant une perte de poids inexpliquée, une dyspnée d'effort ou un syndrome confusionnel bénéficie souvent d'une stratégie diagnostique ordonnée — et parfois d'un examen de médecine nucléaire lorsque l'indication est claire. Trop d'examens inutiles fatiguent le patient ; trop peu d'examens pertinents retardent le diagnostic. L'art clinique consiste à choisir juste.

Les équipes ont également évoqué la préparation du patient âgé avant un examen : hydratation, explication simple du déroulé, accompagnement, gestion de l'anxiété. Ces détails, souvent invisibles dans les protocoles, conditionnent la qualité de l'image et le ressenti du soin.

Conclusion

La visite hospitalière de novembre 2025 confirme une évidence : améliorer la gériatrie et la médecine nucléaire en RDC passe par le dialogue avec celles et ceux qui soignent chaque jour. En écoutant, en observant et en proposant, GEMENU contribue à bâtir des parcours plus sûrs pour les aînés. Le terrain reste le meilleur baromètre de nos engagements — et le lieu où se décide, au fond, la dignité du soin.